Cyclo Nord-Sud
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Technologie appropriée


Le vélo est un véhicule écologiquement irréprochable ! Il ne pollue pas, ne gaspille pas d'énergie, et a démontré depuis longtemps sa place dans des économies prospères, autant en Chine qu'aux Pays-Bas. Les exemples de Bogota et El Salvador sont de belles démonstrations de la capacité de travail du vélo et de la place qu'on devrait lui faire dans les transports. Une leçon pour les pays du Nord !

Un véhicule bien adapté aux conditions du Sud

Le vélo est un véhicule écologique, performant, économique, facile d'entretien et remarquablement adapté aux besoins des pays du Sud. Il peut transporter plus de dix fois son propre poids et fonctionne à l'énergie musculaire - une ressource en surabondance dans les pays du Sud - plutôt qu'avec du carburant, importé et payé en devises étrangères.
Le vélo peut s'accommoder des sentiers non-pavés qui servent souvent de voies de circulation dans les pays peu développés. Il est donc particulièrement utile dans les communautés rurales, qui sont incidemment les plus pauvres. La Chine démontre depuis des décennies que la solution cycliste est appropriée dans les pays aux infrastructures rudimentaires et aux économies restreintes.

Plus d'équité... et moins de gaz à effet de serre

Il est crucial que les pays du Nord cessent d'exporter aux pays du Sud leurs erreurs - notamment la culture automobile - et les retombées désastreuses qui découlent de la généralisation de tels modèles. En effet, au Sud, la prolifération des automobiles entraîne des conséquences très graves. La ségrégation entre piétons et automobiles y étant souvent défaillante, le taux de mortalité sur les routes y est vingt fois plus élevé que dans les pays industrialisés. Et les politiques pro-automobile ne font qu'accentuer le fossé entre les riches et les pauvres. Moins de 1 % de la population de ces pays est susceptible d'avoir un jour une voiture privée. Des politiques axées sur le transport automobile au Sud signifient que seule une petite élite verra ses déplacements facilités, alors que l'écrasante majorité sera privée de budgets publics dont elle a pourtant un criant besoin (1).

Les transports, et en particulier la prolifération des automobiles et camions légers, sont la plus importante source de polluants atmosphériques mondiaux, pouvant générer jusqu'à 86 % des polluants émis dans certaines agglomérations urbaines, telles Mexico et Bangkok. C'est dans les transports que les émissions de gaz à effet de serre connaissent la plus forte croissance. Ainsi, si la tendance actuelle se maintient, dans les pays en développement, le nombre de véhicules aura augmenté de 220 % entre 1997 et 2000 seulement (2). Même si la flotte automobile y est encore peu volumineuse, les émissions polluantes sont déjà inquiétantes, à cause de l'absence quasi complète de contrôle de la part des autorités publiques. Les engagements pris à la Conférence sur les changements climatiques à Kyoto exigent qu'on adopte une approche éclairée dans le développement du transport, au Nord comme au Sud.

Deux démonstrations convainquantes: Bogota et El Salvador

La capitale colombienne Bogota a été le théâtre il y a quelques années d'une transformation spectaculaire: les administrateurs de la plus importante boulangerie industrielle de la ville, Ponque Ramos, excédés par leurs problèmes à servir leurs 22 000 points de distribution au coeur d'une métropole encombrée d'autos, décidaient, il y a quelques années, de remplacer 200 de leurs camions de livraison par 800 tricycles. Résultat: l'efficacité du système à vélo s'est avérée concluante, et quatre fois plus de familles y ont trouvé un gagne-pain. La compagnie a redéployé ses entrepôts en plusieurs points plutôt qu'un, et s'est informatisée pour gérer l'information (les commandes du lendemain) provenant d'autant de sources. Malgré tout, les coûts de distribution ont été considérablement réduits ! (2)

A San Salvador, une ville pourtant passablement montagneuse, un jeune livreur de boissons gazeuses qui adorait son vélo de montagne a décidé de faire la démonstration qu'il pouvait distribuer 900 caisses de 24 bouteilles par mois, à vélo. Et c'est ce qu'il a fait, en trimballant exactement la même quantité qui était distribuée jusque-là dans des camions de cinq tonnes, à un coût dix fois supérieur. La compagnie a donc décidé d'examiner les aspects techniques de la conversion de leur flotte motorisée en tricycles. (2)

Tant au Nord qu'au Sud, le vélo peut accomplir beaucoup de travail, de façon compétitive, mais surtout de façon complètement écologique. Les pays du Nord auraient intérêt à prendre cette leçon des pays du Sud, en organisant leur transport des personnes et des marchandises avec des véhicules non-polluants.

***

(1) Low Marcia D., "Alternatives to the Automobile: Transport for Livable Cities", Vorldwatch Institute, Washington, 1990.
(2) NGO Transport Caucus, "Transport and Sustainability", Prep. Commission on Sustainable Development for Special Session of the UN General Assembly, New York, April 1997.


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